Nom de l’entreprise : Waterbury Clock Company
La Waterbury Clock Company fut fondée le 5 mars 1857 à Waterbury, Connecticut (États-Unis), sous la forme d’une société par actions. Elle avait pour mission principale d’utiliser le laiton produit par sa maison-mère, Benedict & Burnham Manufacturing Company, l’un des plus grands producteurs de métaux du pays.
Dès sa fondation, l’entreprise s’entoura des meilleurs spécialistes disponibles :
Chauncey Jerome, célèbre horloger américain, fut chargé de l’organisation de l’atelier de fabrication des boîtiers ;
son frère Noble Jerome, réputé pour ses innovations techniques, prit la direction de la production des mouvements d’horloges.
Ces deux figures issues de l’industrie horlogère du Connecticut donnèrent à la jeune société une solide réputation d’efficacité et de fiabilité.
Au cours de ses premières décennies, Waterbury devint rapidement un important producteur d’horloges en laiton bon marché, vendues à travers l’Amérique et l’Europe.
Son succès reposait sur une production à grande échelle et des procédés inspirés de la révolution industrielle américaine : standardisation, outillage mécanique et chaînes d’assemblage.
La société se distingua par sa capacité à produire des mouvements précis mais économiques, accessibles à la classe moyenne, contribuant ainsi à la démocratisation de l’horlogerie domestique.
Après 1890, Waterbury devint un acteur majeur dans la fabrication de montres de poche “sans bijoux” (non-jeweled).
Ces modèles bon marché furent produits pour la société R. H. Ingersoll & Brother, célèbre pour sa montre à un dollar vendue par correspondance — la “Dollar Watch”.
Cette collaboration fut un immense succès commercial : plus de 40 millions de montres Ingersoll-Waterbury furent vendues dans le monde entre 1890 et 1920.
Durant cette période, Waterbury connut un âge d’or :
elle comptait plusieurs milliers d’employés,
son site industriel couvrait plus de 25 acres dans le centre de Waterbury,
et elle devint la plus grande fabrique d’horloges d’Amérique entre 1900 et 1915.
En 1922, Waterbury racheta l’exploitation Ingersoll, alors en faillite.
Mais la fusion coïncida avec le ralentissement de la demande et l’instabilité économique mondiale.
Lorsque survint la Grande Dépression (1929–1932), la société fut lourdement touchée : les commandes chutèrent et une grande partie de son immense complexe resta inutilisée.
Pour éviter la faillite, Waterbury fut réorganisée en 1932 sous le nom Ingersoll-Waterbury Company, avec un nouvel apport de 500 000 $ de capitaux privés.
C’est à cette époque qu’elle lança deux innovations majeures :
les horloges électriques domestiques ;
et surtout la fameuse montre “Mickey Mouse”, produite sous licence Disney à partir de 1933.
Ce modèle connut un succès phénoménal et sauva littéralement l’entreprise.
Plus de 11 000 montres furent vendues dès la première semaine de leur mise en marché, marquant l’un des premiers succès mondiaux du marketing de personnages sous licence.
Avec l’entrée en guerre des États-Unis, la société Ingersoll-Waterbury fut mobilisée pour la production de guerre : fuseaux, instruments de précision, dispositifs optiques et chronomètres militaires.
En 1942, un groupe d’investisseurs norvégiens racheta l’entreprise et fit construire une nouvelle usine à Middlebury (Connecticut).
En 1944, elle prit le nom de United States Time Corporation, avant de lancer, à la fin de la guerre, une montre-bracelet révolutionnaire : Timex.
Basée sur la robustesse, la précision et un prix accessible, la marque Timex devint un symbole de fiabilité et fit de Waterbury l’un des plus grands noms de l’horlogerie américaine moderne.
En novembre 1969, la société adopta officiellement le nom de Timex Corporation, poursuivant une tradition industrielle ininterrompue à Middlebury, CT.
De ses modestes débuts à son évolution en multinationale, la Waterbury Clock Company incarne plus d’un siècle d’innovation horlogère :
pionnière dans la production industrielle d’horloges et montres,
pionnière dans la démocratisation du temps domestique,
et berceau de la marque Timex, encore active aujourd’hui.
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